2 in 1: Pourquoi la méditation? Et Vipassana, c’est quoi?

Oui, pourquoi décide-t-on un jour de s’asseoir sur un coussin et de se concentrer sur le va et vient de sa respiration?

Difficile de donner une réponse universelle à cette question, chaque chemin menant à la méditation étant sûrement très différent.

Je vais donc parler de moi.

Pour moi, la rencontre avec la méditation était encore plus bizarre que pour la majorité des personnes qui commencent la méditation. J’ai pris le “hard way” comme m’a dit une fois un instructeur.

Je n’avais jamais médité de ma vie et je me suis inscrite à un stage de 10 jours très intensif. Mais très, très, très.

Un stage où, pendant ces 10 jours:

*tu te lèves à 4h30 du matin (pour…méditer bien sûr! Et on commence par une première méditation de…deux heures. En écrivant ces lignes, j’ai l’image de Paul, un enfant de 8 ans, qui me dit: Mais What??).

*tu n’as pas le droit de parler (sauf avec l’instructeur et le “manager”, essentiellement pour poser des questions sur…la méditation)

*tu n’as pas le droit d’avoir recours à des “distractions” ou des “intoxicants”: oublie livres, téléphone, musique, cigarette, …tu es là pour te confronter à toi-même…et tu verras, tu n’auras pas d’autre choix.

*En résumé, pendant 10 jours; tu dors, tu manges (deux fois par jour avec un dîner très lèger) et…tu médites (bien sûr!).

Et c’est tout. (Les douches et l’accès aux toilettes sont quand même acceptés en dehors des heures de méditation hein. D’ailleurs là-bas la douche et les repas sont les moments les plus fun de la journée).

Là, niveau simplicité, difficile de faire mieux.

Bien sûr, il y a un sens derrière tout ça…L’organisation a été pensée pour que tu puisses méditer le mieux possible.

Mon premier stage a été très difficile. On croit souvent que c’est “ne pas parler” qui est le plus difficile. Pas-du-tout (pourtant j’adore parler!). Le plus dur ça a été pour moi les douleurs physiques (rester assise des heures et des heures quand on est pas habitué ça crée quelques tensions) et psychiques. En 10 jours, sans distraction, il y en a des choses qui se mettent à remonter. Et devoir y faire face est loin d’être évident, surtout en étant seul.

Voilà pourquoi je déconseille ce stage aux personnes qui sont à une période de leur vie fragile, je pense que ça doit être super violent. Il faut quand même aller “suffisamment bien” pour “gratter le fond de la casserole” dixit Jean Oury.

Après, l’avantage, c’est qu’en sortant de ces 10 jours, j’avais de bonnes bases pour continuer à méditer à la maison. C’est pas pour ça que je l’ai toujours fait.

Pour moi l’expérience a été (après-coup parce que sur le moment…) très positive sur plusieurs points, je me suis même réinscrite plus d’une dizaine de fois à ce stage-de-fou.

J’essaye d’y aller une fois par an. (A-peu-près).

Tu as remarqué que j’ai pas répondu à la question de départ: pourquoi? Pas évident. C’est un peu comme pourquoi on a commencé une analyse, une thérapie…c’est quand même très intime.
Il y a toujours des raisons conscientes et inconscientes à ce type de démarche.

Ce que je peux en dire c’est que je revenais d’un voyage où j’étais partie seule en sac-à-dos 6 mois et que le retour en France a été difficile (si on devait mettre une définition à ce difficile ça serait: complètement perdue).

Et je n’avais qu’une envie: repartir! (Si tu as déjà fait ce type de voyage je suis sûre que tu comprends).

Et puis il y avait cette “coïncidence”: un ami important, Damien, que j’avais rencontré pendant ce voyage m’en avait parlé. Et à mon retour en France, j’en ai parlé avec un autre ami important: Yacine. Je me suis dit que si j’entendais parler de la même chose aux deux extrémités du globe, avec deux amis extrêmement différents…c’est qu’il y avait quelque chose à entendre.

Je me suis dit que ça pouvait être une bonne piste d’atterrissage pour retrouver mes repères et faire le pont entre mes deux vies, celle du voyage et la (presque) “normale”.

Crédit photo: Josh Adamski

Suite et fin du programme MBSR #8/8

Cette huitième et dernière séance a eu lieu il y a un mois.

Je n’ai pas pu en parler ici car je n’ai malheureusement pas pu y aller.

Pour l’avoir quand même vécue dans un précédent stage, je sais qu’il y a une méditation assise longue, un retour sur nos expériences et un temps d’échange autour de la suite que l’on va donner à cette expérience.

On se demande ensemble : qui veut continuer à méditer ? Qui veut arrêter ? Qui voudrait continuer mais à besoin pour cela d’être aidé ? Etc…

On partage nos trucs et astuces qui peuvent nous aider à maintenir une pratique régulière de la méditation.

Et parfois il y a même des envies de continuer à méditer ensemble qui se manifestent. Dans notre groupe, l’une d’entre nous a proposé son salon pour continuer à nous “asseoir” ensemble.

Je me sens très reconnaissante d’avoir fait la connaissance des femmes de ce groupe et d’avoir partagé cette expérience avec Elles.

Partage des forces et des faiblesses, partage de l’intime de chacune pour qu’il devienne extime commun…et repartir plus riche de ce que l’on a donné.

Crédit Photo: Suhyeon Choi

 

Suite du programme MBSR #7/8

A cette séance, dans le groupe, nous nous connaissons de mieux en mieux. Pour celles qui arrivent plus tôt, nous échangeons sur nos impressions après “la journée du silence”. Cela a été un moment important pour nous toutes.
Puis nous nous installons, et spontanément, nous avons un échange autour du sentiment d’attachement et de dépendance que l’on peut ressentir vis-à-vis de son téléphone, de son GPS,…

Viens ensuite une méditation longue, de 45 minutes, avec de nombreux silences. Au moment de débriefer, chacune relate une expérience bien différente.

Pour certaines, au vu de ses douleurs, cela a été “inhumain” et très long, trop long.
Pour d’autres, pour différentes raisons, cela n’aura pas créé les mêmes inconforts.

Nous nous rendons toutes compte cependant de notre tendance à vouloir “tenir” à tout prix, à ne pas bouger durant la méditation.

Pourtant l’instructrice nous a toujours rappelé l’importance de la bienveillance, d’écouter son corps, ses limites et de ne pas aller trop au-delà.  Elle nous l’a transmis dans son discours mais aussi dans son attitude à notre égard et à l’égard de notre pratique.

Elle nous rappelle que s’il est possible d’explorer un temps ses douleurs avec ouverture et curiosité, nous ne sommes pas venues méditer pour nous infliger une expérience insupportable.

Bien sûr, cela renvoie chacune d’entre nous à certaines contraintes que l’on a pu recevoir dans l’enfance “tiens-toi droite, arrête de bouger!”…qui continuent de nous poursuivre des années après.

Nous revenons ensuite sur la journée en silence vécue ensemble il y a quelques jours. L’une d’entre nous nous confie les pensées et sensations très désagréables que cette journée est venue faire remonter. Malgré la difficulté, elle sent que cela lui a permis d’avancer et elle a depuis beaucoup médité, notamment avec la méditation de la bienveillance.

Nous nous arrêtons sur ce partage fort, en remerciant la personne d’avoir pu nous faire confiance.

Et si je m’écoutais quand…

je suis fatigué(e), saturé(e)…et que je prenais un temps pour respirer ou me reposer?

je ressens le besoin d’être soutenu(e)…et que je demandais à un proche d’être là pour m’écouter, me prendre dans ses bras…ou simplement être là?

je suis triste…et me laissais aller à pleurer?

je vais au travail la boule au ventre…et que je me demandais pourquoi je m’inflige ça?

je suis malade…et que je me donnais le droit de faire une -VRAIE- pause?

j’ai assez mangé…et que je m’arrêtais, tout simplement?

je me sens nul(le), impuissant(e)…et que je prenais soin de moi et de ce que je ressens?

je me sens malmené(e) par les autres…et que j’en parlais et/ou que je mettais des actions en place pour plus que ça ne se reproduise?

j’ai besoin de quelque chose…en essayant de comprendre ce besoin et de trouver un moyen d’y répondre?

et aussi quand…

j’ai envie de danser, de chanter, de dessiner…sans penser au résultat?

je me sens bien…et que je délectais de mes sens chaque seconde de ce moment de bonheur, en m’en imprégnant et même, peut-être, en le partageant avec d’autres?

je ressens un élan vers un projet, un rêve…et que je faisais confiance à ce ressenti, en cherchant sa signification et en tentant de trouver le chemin pour le réaliser?

j’aime quelqu’un, qu’il soit proche ou inconnu,…et que j’osais lui (re)dire?

la compagnie de quelqu’un me fait du mal…et que je me permettais de m’en éloigner?

j’ai une intuition…et que je la prenais en compte?

je sens que quelque chose me fait vibrer…et que je mettais tout en place pour que ça vibre encore plus?

 

Et toi, tu t’écoutes comment? Un peu? Beaucoup? A la folie? Pas du tout?

 

 

 

 

 

Journée de Pleine Conscience

Cette journée de pleine conscience, en silence, a été longue et intense. J’espère m’en rappeler dans le bon ordre!

Nous avons commencé par des étirements, proche des postures de yoga allongées. Je sens que petit à petit mon corps se réveille, s’éveille. C’est agréable de commencer la journée en prenant de soin de s’étirer doucement dans tous les sens.

Nous continuons la matinée avec une méditation assise et une marche en pleine conscience.

Nous sommes quatorze personnes et, vu la taille de la pièce, il vaut mieux être en pleine conscience au risque d’écraser un pied au passage :).

Nous nous rasseyons pour une méditation plus courte, avant le repas.

L’instructrice qui elle, nous parle, nous conseille de rester dans le silence et d’éviter les conversations téléphoniques, afin de se laisser immerger de plus en plus profondément dans cet état de conscience, protégées que nous sommes de l’agitation quotidienne.

Pour le repas, nous avions chacune amené un plat et je crois avoir compris, même sans les mots, que tout le monde s’est ré-ga-lé. Il y avait là un vrai festin.
J’ai mangé au soleil et ai apprécié chaque bouchée, bien plus que je ne le fais quand je parle ou tapote sur mon téléphone en même temps. Je m’allonge ensuite sur un matelas d’épine de pins. Je prends conscience de cette odeur de pin qui m’entoure et apprécie ce temps de détente. (Eh oui, car la méditation ce n’est pas toujours la détente, contrairement à certaines idées reçues).

La clochette de la reprise retentit, et nous poursuivons par une nouvelle marche en pleine conscience. Cette fois nous pourrons la faire à l’intérieur ou à l’extérieur. Le temps étant magnifique, je profite des plus grands espaces proposés par la cour qui entoure la salle. Ce nouvel espace de jeu me permet de faire d’autres expériences: marcher en arrière, sur le côté, de différentes façons. Et aussi comparer les sensations différents quand je marche sur les épines de pins ou quand je marche sur les petites pierres: les bruits, le contact (amorti ou dur), les odeurs…
Pas de doute, je préfére les sensations que procurent les épines de pins mais j’explore quand même tout le terrain, comme une enfant.

Nous revenons à l’intérieur pour une séance de balayage corporel (j’en parlais ). Nous nous sommes rendues compte que l’expression “scan corporel” ou “bodyscan” pouvait renvoyer à des images désagréables.

Nous enchaînons ensuite des mouvements de yoga debout que nous avons déjà vu lors d’une séance précédente: la montagne, le guerrier (voir ici et ).

Mon esprit commence sérieusement à vagabonder et à trouver le temps long à l’intérieur…alors qu’il fait si beau dehors. Je prends une grande respiration et essaye de dire à mon hôte “impatience” (cf le poème de Rumi ici) que c’est bientôt fini.

En effet, après une dernière méditation assise, la journée est finie!

Nous reprenons la parole, et le silence disparaît sous le bruit de nos mouvements pour réaménager la salle…

Elle reprend sa forme initiale, comme s’il ne s’était rien passé dans cette salle…

et pourtant!

Crédits photos: Eva HolmMatthew RaganJulia Caesar

 

Suite du programme MBSR #5/8

Arriver. Prendre contact avec son état. Ses émotions. Ses ressentis corporels. Se déposer.

L’instructrice nous propose ensuite d’écouter ce dont notre corps a besoin et de prendre quelques minutes pour y répondre. Je m’allonge et m’étends, me détends.
Nous nous préparons ainsi à la méditation assise de 45 minutes qui suit. C’est une méditation qui concerne les perceptions, sensations, émotions, pensées, respiration.

Vous pouvez avoir une guidance de 35 minutes de cette méditation ici.

Je me rends compte que je suis extrêmement fatiguée et que je ne m’en étais pas rendue compte. Je sens même pendant la méditation que mon corps tangue, et que j’ai dû mal à rester éveillée.

Ensuite, à nouveau nous avons quelques minutes pour prendre soin de nous.

Puis nous faisons un retour sur ce mi-parcours: où nous en sommes, ce que la méditation a changé ou pas dans notre vie. Pour certaines, un sentiment d’être moins éparpillée, pour une autre la sensation de capter davantage les petits moments agréables de la journée, pour une autre d’être davantage consciente de sa tendance à se crisper tout au long de sa journée…

Nous terminons sur une dernière petite méditation.

Crédits photos: Dingzeyu LiAndrew Kingston

Source méditation: pleineconscience-paca.com