Les bons côtés du pilotage automatique

Vous avez dû remarquer mais en ce moment, on parle pas mal de “pilotage automatique”, de “reprendre les commandes de notre vie”, de “pleine conscience”, “pleine présence”, blablabla…

Je suis la première à dire que méditer a changé ma vie, que je sens que je fais des choix plus conscients, que je remets plus facilement en question des automatismes (pensées, actions,…).

Ok, super.

Mais des fois en fait je rêve secrétement d’être en pilotage automatique. D’arrêter de me demander le pourquoi du comment.

Sans me demander si c’est vraiment bon pour moi, pour les autres, pour la planète et toute la galaxie. Arrêter de me couper les cheveux en quatre (mille cinq cents).

Juste me laisser porter par ma vie, pas après pas. Même si c’est pas parfait, pleinement satisfaisant.

Cela me permettrait d’économiser un temps et une énergie incroyables! Ne plus réfléchir, simplement suivre la Norme sociétale. Trouver un CDI autour de 25 ans, fonder une famille autour de 30 (sans oublier de s’être mise en couple entre les deux, ça peut quand même être utile pour fonder une famille).

Faire-comme-tout-le-monde-sans-se-poser-de-questions.

Oh oui, des fois, j’aimerais bien simplement suivre la partition donnée par le chef d’orchestre. C’est quand même flippant l’improvisation. Surtout que, quand t’improvise, non seulement t’as le risque de te planter, d’avoir des regrets, mais en plus tu sais que le Regard de la Norme te dira: “tu vois, je te l’avais bien dit. C’est ce qui devait arriver”.

Mais en fait…je peux juste pas.
Quand ma gorge se serre le matin, je n’arrive pas toujours à faire l’autruche et à me dire “allez, regarde une vidéo marrante sur youtube et ça va passer”. Non.
Il y a justement une partie de moi qui a envie de savoir le pourquoi du comment.

Comme un signal sur le tableau de bord d’une voiture qui s’allume, je regarde d’où ça peut venir, ce qu’il y a à faire…et la plupart du temps, le plus dur et le plus important à faire, pour commencer c’est observer.

Observer et respirer ce moment. Le goûter. Même si le goût est un peu amer.

Parce que ce moment, c’est un moment vivant, plein de vivance justement. Parce que je crois qu’il me guide. Qu’il me dit que cette direction n’est pas la bonne. Que d’étouffer ce que je ressens, c’est de m’étouffer tout court. Si j’étouffe les sensations négatives, j’ai des grandes chances d’éteindre par la même occasion tout mon système de ressenti: mes émotions agréables, mes envies, ma créativité.

Bon, ça ne m’empêche pas quand même de vouloir bailloner tout ça régulièrement. Surtout quand je me mets à courir derrière d’autres urgences (créées souvent de toutes pièces et faisant aussi partie de la Norme).

Alors oui, le pilote automatique, il est sympa, utile et je ne le jetterai pas par-dessus bord, j’en ai trop besoin.

Mais je n’ai aucune envie de lui laisser le choix de ma destination ni de mon itinéraire pour y parvenir.

Crédit photo: Jon Tyson