Il est temps de le prendre, le temps

Dans son texte “Perspectives économiques pour nos petits-enfants” (1928), Keynes prédisait une “semaine de 15 heures en 2028” grâce à la croissance et aux avancées technologiques… Wahouh! Génial, non?
Pour Keynes, pas forcément. Il craignait que cette liberté puisse créer de l’ennui et une dépression généralisée.

 

Crédit photo: Demotivateur

Une exception cependant: ceux qui seraient capables d’apprécier “l’art de vivre en tant que tel [pourraient] jouir de l’abondance quand elle se présentera”. Et nous pouvons aussi faire l’hypothèse que cela s’apprend de vivre l’instant dans le bonheur et la joie de vivre, sans en attendre un “rendement”, un résultat !

D’ailleurs, ces moments de liberté, de créativité peuvent apporter dans l’après-coup des richesses insoupçonnées.

  

Source: Wikimédia

Bertrand Russel (in Reviews of Reviews, 1932), nous dit même que “sans la classe oisive, l’humanité ne serait jamais sortie de la barbarie”.

C’est bien cette même classe qui a “cultivé les arts et découvert les sciences; a écrit les livres, inventé les philosophies et raffiné les rapports sociaux”.

Sans disponibilité, difficile de cultiver ce champ. Trop (pré)occupés, sur notre temps libre nous rêvons plutôt de repos et d’activités dites “passives” (regarder la télé, écouter la radio,…).

Alors, ralentir et “faire” moins pour “être” plus, ne contribuerait-il pas à permettre un monde meilleur?

 

Biblio: Revue Books n°74

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